Grande admiratrice du travail des enlumineurs médiévaux , j'ai commencé à pratiquer cet  art à partir de  2002. Toute ma gratitude va à  Eric Montigny , enlumineur à Chartres , qui m'a initiée à la dorure à la feuille d'or , et  à mon amie  récemment décédée , Victoria Thomas , médaille d'argent de l' Académie des Arts  des Sciences et des Lettres ,  qui apprit l'art de l'icône dans sa Roumanie natale , et qui m'a conseillée quand je doutais.

Et aussi ............. à Cennino Cennini , peintre toscan qui écrivit en 1437 "le livre de l'art" , ouvrage de référence  encore maintenant , en ce qui concerne  les techniques  des peintres de la fin du Gothique et notamment la préparation des enduits , des pigments , l'utilisation des liants, et toutes sortes de recettes intéressantes .  C'est ainsi que je suis parvenue , pas à pas , à reproduire sur un support rigide , le bois,  des images peintes  à l'origine  sur du parchemin  par des enlumineurs souvent restés anonymes malgré la qualité de leur travail.

  

La peinture à la tempera fut d’abord utilisée en Egypte puis en Grèce, améliorée ensuite par les iconographes byzantins entre 400 et 1200, puis par les peintres du Gothique, en France, Flandres et Italie.
On l’utilisa sur du bois de tilleul ou de chêne, ou sur des murs de plâtre humide ou sec.
A la fin du XV ème siecle, elle fut supplantée par la peinture à l’huile, puis redécouverte au début du XIXème siècle.La multitude de manuscrits réalisés du IX ème au XVI ème siècle, et placés au rang des oeuvres les plus raffinées du Moyen-Âge, constitue une inépuisable source d’images .
Citons les livres d’heures, dont les calendriers représentent souvent des scènes paysannes, les livres de plantes médicinales, le Livre de la Chasse de Gaston Phoebus, le Livre des échecs amoureux, le Codex Manesse, les Cantiques de Sainte-Marie, Tristan et Iseult , Le livre des merveilles de Marco Polo ..........sans oublier les manuscrits persans , particulièrement raffinés.

  

Douze couches d'un mélange de colle de peau de lapin et de blanc de Meudon appliquées sur le bois , puis finement poncées , vont permettre de  dessiner le motif à l'ocre rouge .

 Après la dorure éventuelle , il faut fabriquer la peinture en mélangeant les pigments broyés avec du jaune d'oeuf :  c'est la tempera . Les couleurs , très lumineuses, résistent à la lumière , et à l'épreuve du temps.
Plusieurs semaines , voire plusieurs mois , sont nécessaires au séchage complet de l'ouvrage.

   

ce diaporama montre la réalisation d'une miniature sur bois